Le vol de nuit et le vol en immersion (FPV) ont un point commun : la vue directe du drone reste exigée. Ce guide présente les conditions de la catégorie Open pour chacun, puis les facteurs humains qui les justifient.
Ce que dit la loi
Vol de nuit
Le cours DGTA de décembre 2025 autorise le vol de nuit en Open si le VLOS est maintenu et si un feu vert clignotant est actif, placé sous le drone et visible du sol. La FAQ de la DGTA précise trois conditions :
- l’exploitation reste à vue (VLOS) : on doit pouvoir distinguer nettement le drone, même de nuit ;
- le drone est équipé d’un feu vert à éclats qui assure sa visibilité dans le ciel ;
- l’environnement de vol permet de garder le vol à vue pendant toute la durée.
En catégorie Specific, le programme de formation prévoit un module « vols de nuit » parmi les modules spécifiques.
FPV
Le FPV (First Person View) permet de piloter à l’aide d’un écran ou de lunettes. En Open, il est autorisé uniquement avec un observateur UA placé à côté du pilote, qui garde le drone en VLOS à l’œil nu. Le pilote reste entièrement responsable. Pour les vols réels, la FAQ de la DGTA rappelle que le drone porte le numéro d’exploitant et respecte les règles A1 ou A3 selon la masse et la vitesse, avec les restrictions de hauteur et les distances aux personnes. Les débutants peuvent s’entraîner sur simulateur.
Les guides L’observateur FPV et Voler en FPV en Belgique détaillent le sujet.
Pourquoi la nuit est difficile
Le cours DGTA consacre un passage aux limites de la vision.
- Adaptation à l’obscurité : environ 30 minutes. Les phares et lampes torches éblouissent et provoquent une cécité temporaire.
- Perception de la profondeur : réduite. Distances, vitesse et hauteur sont difficiles à juger.
- Parades : plus de marge avec les obstacles, vitesse réduite, contrôle de la hauteur sur les instruments.
- Détection d’obstacles : utile mais limitée par la faible luminosité.
Orientation, fatigue et soirée
- Perdre l’orientation du drone (nez vers soi ou non) provoque des erreurs de commande. Le cours DGTA cite les feux de navigation à code couleur vert et rouge, l’affichage de la radiocommande (carte, indicateur de cap) et l’entraînement en zone sûre.
- Une sortie en soirée s’ajoute à une journée de travail : la fatigue allonge le temps de réaction, réduit la vigilance et la conscience situationnelle. L’auto-évaluation I’M SAFE s’applique avant chaque vol, et le cours recommande de ne pas boire d’alcool au moins 24 h avant (voir Checklist avant vol).
- Les batteries se comportent moins bien par temps froid, plus fréquent le soir et la nuit : voir Batteries LiPo.
- Les obstacles qui ne se voient pas de nuit (câbles, branches) sont à repérer de jour. Un drone dont les capteurs d’obstacles sont limités par la faible luminosité n’évite pas ce repérage.
FPV de nuit : deux regards sur le drone
En FPV, le pilote regarde l’image de la caméra, pas le drone. L’observateur garde le drone en vue directe, à l’œil nu. De nuit, le feu vert clignotant sert surtout à cet observateur. Si l’observateur ne distingue plus le drone, la condition de vue directe n’est plus remplie : le drone est rapproché ou posé. Aucun texte ne chiffre la distance VLOS, qui dépend de la taille du drone et de l’environnement.
La démarche pas à pas
-
Reconnaître le site de jour
Obstacles, lignes électriques, mâts, arbres, personnes, accès. Ce qu’on ne voit pas de nuit doit être connu avant le décollage.
-
Vérifier les géozones et leurs horaires
Plusieurs géozones sont actives selon des horaires (AIP, NOTAM) : une zone inactive en journée peut être active la nuit. Voir Lire Droneguide.
-
Monter le feu vert
Feu vert à éclats, sous le drone, visible du sol.
-
Préparer ses yeux
Se laisser environ 30 minutes d’adaptation et éviter les sources lumineuses vives.
-
Voler à vue, bas et lentement
Garder le drone distinguable en permanence, vitesse réduite, marge élevée avec les obstacles, hauteur contrôlée aux instruments. Un drone qu’on ne distingue plus doit être rapproché ou posé.
-
En FPV : installer l'observateur
À côté du pilote, avec une vue directe du drone, un moyen de communication immédiat et une consigne claire (« atterris »).
| Jour | Nuit | FPV (jour ou nuit) | |
|---|---|---|---|
| VLOS | Obligatoire | Obligatoire, drone distinguable | Obligatoire, assuré par l'observateur |
| Feu | Non exigé | Feu vert clignotant sous le drone | Selon qu'il fait jour ou nuit |
| Personne en plus | Non | Non | Observateur UA à côté du pilote |
| Jumelles pour le VLOS | Interdites | Interdites | Interdites |
| Géozones | Applicables | Applicables, horaires à lire | Applicables |
Jour
- VLOS
- Obligatoire
- Feu
- Non exigé
- Personne en plus
- Non
- Jumelles pour le VLOS
- Interdites
- Géozones
- Applicables
Nuit
- VLOS
- Obligatoire, drone distinguable
- Feu
- Feu vert clignotant sous le drone
- Personne en plus
- Non
- Jumelles pour le VLOS
- Interdites
- Géozones
- Applicables, horaires à lire
FPV (jour ou nuit)
- VLOS
- Obligatoire, assuré par l'observateur
- Feu
- Selon qu'il fait jour ou nuit
- Personne en plus
- Observateur UA à côté du pilote
- Jumelles pour le VLOS
- Interdites
- Géozones
- Applicables
30 min
adaptation de l'œil à l'obscurité
50 m
portée maximale du mode « suivez-moi », seule exception au VLOS en Open
120 m AGL
plafond Open, de jour comme de nuit
0
jumelle autorisée pour le VLOS
Cas pratiques
- Photo de coucher de soleil : le vol commence de jour et se prolonge à la tombée de la nuit. Le feu vert doit être allumé dès que la luminosité ne permet plus de distinguer le drone sans lui.
- Vol de nuit en ville : l’éclairage urbain trompe l’œil sur les distances, les câbles ne se voient pas ; contrôle de la hauteur aux instruments, marge accrue.
- Course FPV entre amis : un observateur par pilote, placé à côté de lui, drone en vue directe.
- Vol FPV de nuit au-dessus d’un champ : l’observateur doit voir le drone à l’œil nu ; sans feu vert clignotant visible, le vol n’est pas autorisé.
Pièges et erreurs fréquentes
- Croire que le feu vert dispense du VLOS. Il aide à voir le drone ; il ne dispense pas de la vue directe.
- Placer le feu sur le dessus du drone : il doit être sous le drone, visible du sol.
- Utiliser des jumelles pour garder le drone en vue.
- Allumer une lampe torche sur le site et perdre l’adaptation nocturne.
- Considérer que l’observateur étend la portée : le BVLOS reste interdit en Open.