Une checklist remplace la mémoire par un ordre fixe. Ce guide reprend les trois phases décrites par le cours DGTA de décembre 2025 (pré-vol, en vol, post-vol) et y ajoute l’auto-évaluation I’M SAFE.
Ce que dit la loi
En catégorie Specific, le règlement (UE) 2019/947 impose avant le vol de disposer d’informations à jour sur les géozones, de vérifier que l’environnement est compatible avec les limites de l’exploitation, que l’UAS est en état de vol et que l’identification à distance est active (UAS.SPEC.060(2)). Dans toutes les catégories, le pilote ne vole pas sous l’influence d’alcool ou de substances, ni en état d’inaptitude (blessure, fatigue, médicament, maladie). Aucun certificat médical n’est exigé, mais le pilote doit être en bonne santé. L’exploitant évalue les risques médicaux et de performance humaine avant chaque vol (cours DGTA, Module 4 §9).
Phase 1 : le pré-vol
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Pilote : I'M SAFE
Six questions, honnêtement. Illness : malade ou blessé ? Medication : médicament qui altère la vigilance (antidouleurs, sédatifs, antihistaminiques, sirops) ? Stress : décisions impulsives en vue ? Alcohol : aucun alcool au moins 24 h avant, un verre ajoute environ 0,20 à 0,25 g/L et l’élimination est d’environ 0,15 g/L par heure. Fatigue : manque de sommeil ? Emotions et alimentation : concentré, nourri, hydraté ? Une réponse négative suffit à reporter.
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Site : évaluer la zone
Terrain, obstacles (arbres, lignes électriques, mâts, éoliennes, bâtiments), VLOS sans obstruction, personnes non impliquées, rassemblements, infrastructures critiques. Si possible, faire le tour à pied. Vérifier les géozones sur Droneguide, charger les données de géovigilance.
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Météo : comparer au manuel
Vent et rafales, température, précipitations, visibilité. Sources : METAR (observation), TAF (prévision de 24 à 36 h). Voir Météo et drone.
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Drone : inspection physique
Hélices (fissures, saleté, jeu : remplacer immédiatement), moteurs (propres, rotation libre, fixation), cellule (fissures, déformations), batteries (chargées, ni gonflées ni qui fuient, bien verrouillées), télécommande (chargée, antennes orientées, sticks libres, liaison stable), charge utile fixée.
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Logiciel : firmware et paramètres
Firmware à jour sur le drone et la radiocommande. Hauteur limite à 120 m AGL ou moins ; distance maximale compatible avec le VLOS ; hauteur du RTH au-dessus de l’obstacle le plus haut du trajet ; procédure de perte de lien choisie ; identification à distance active et chargée du numéro d’exploitant ; numéro d’exploitant visible sur le drone.
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Zone de décollage et repli
Zone balisée si nécessaire (cônes), gilet « pilote à distance, ne pas déranger », zone d’atterrissage d’urgence dégagée. Pour tester un nouveau drone ou une nouvelle fonction : espace sûr, hors géozone, en conditions A3.
Points de contrôle à valeurs chiffrées
| Point | Valeur de référence |
|---|---|
| Hauteur | 120 m AGL maximum (400 ft) |
| Alcool | aucun, au moins 24 h avant ; élimination d’environ 0,15 g/L par heure |
| Stockage de batterie | 15 à 25 °C |
| Prévision TAF | 24 à 36 h |
| Écart face à un aéronef habité | au moins 500 m, de préférence vers le bas et sur le côté |
Phase 2 : en vol
- Garder le VLOS, sans aide électronique, et surveiller hauteur, vitesse et espace aérien.
- Respecter les distances de la sous-catégorie et les géozones, pas de survol de rassemblement, 120 m AGL maximum.
- Un seul drone à la fois ; pas depuis un véhicule en mouvement ; pas de transfert de contrôle à une autre unité en vol.
- Ne pas voler près d’une intervention d’urgence sans autorisation des services concernés ; interrompre immédiatement si elle apparaît.
- Perdre l’orientation : feux de navigation (code couleur), affichage de la radiocommande, entraînement préalable.
Situations anormales
| Situation | Réaction |
|---|---|
| Trajectoire anormale | Stabiliser, réduire la vitesse, garder le VLOS, rejoindre une zone sûre ; si besoin RTH ou atterrissage contrôlé |
| Perte ou dégradation du GPS | Contrôle manuel, référence visuelle, éviter les obstacles ; si désorienté, descendre et se poser |
| Personne non impliquée dans la zone | Ajuster la trajectoire ; si la séparation n’est pas garantie, descendre ou monter à une hauteur sûre et préparer l’atterrissage |
| Aéronef habité proche | Descendre immédiatement et se poser ; ne jamais supposer qu’il voit le drone |
| Autre drone | Garder le contact visuel, s’écarter, se poser si besoin |
| Perte de contrôle d’attitude ou de position | Réduire hauteur et vitesse, reprendre le contrôle, sinon atterrissage d’urgence |
| Perte de la liaison C2 | La procédure préprogrammée agit (stationnaire, RTH ou atterrissage) ; le pilote surveille |
RTH en terrain dégagé, atterrissage sur place en environnement encombré. En cas d’interférence ou de suspicion de brouillage ou de piratage : atterrir immédiatement.
Phase 3 : le post-vol
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Batterie
La retirer juste après l’atterrissage, la laisser refroidir avant la recharge, la stocker entre 15 et 25 °C sur surface non inflammable. Voir Batteries LiPo.
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Inspection
Hélices, moteurs, cellule : réparer avant le vol suivant. Nettoyer capteurs et aérations, sécher complètement avant le stockage.
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Journal de bord
Identification du vol (numéro, date, heure), drone (type, classe, numéro d’enregistrement), lieux de décollage et d’atterrissage, durée, hauteur maximale, objectif, météo, anomalies, notes de maintenance. Sauvegarder la télémétrie.
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Événements à signaler
Accident ou incident grave : signalement immédiat à l’AAIU(Be). Voir Accident ou incident.
6
points de l'auto-évaluation I'M SAFE
24 h
sans alcool avant un vol (recommandation du cours)
500 m
écart minimal face à un aéronef habité
3 ans
conservation du registre en Specific
Cas pratiques
- Vous arrivez sur le site après une mauvaise nuit : I’M SAFE donne un « F » (fatigue). Le cours DGTA rappelle que le pilote a toujours le droit de dire non ; reporter est une décision de pilote.
- L’écran de la radiocommande affiche une batterie à 40 % avant le décollage : charger ou changer de batterie, pas de vol « court ».
- Une personne entre dans la zone de vol : ajuster la trajectoire, descendre, préparer l’atterrissage.
- Un nouveau firmware vient d’être installé : vol d’essai en zone sûre avant l’exploitation.
Pièges et erreurs fréquentes
- Régler le RTH à 120 m d’office, ou à la hauteur la plus basse.
- Croire que la perte de liaison est gérée par le pilote : c’est le failsafe préprogrammé qui agit, le pilote surveille.
- Monter face à un aéronef habité au lieu de descendre.
- Recharger tout de suite une batterie chaude.
- Compter sur la géovigilance sans avoir chargé les données récentes.