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SORA 2.5 et PDRA expliquées : GRC, ARC, SAIL, OSO

Le vocabulaire de la SORA 2.5 sans jargon : risque au sol (GRC), risque air (ARC), SAIL, OSO, mitigations, dossier de sécurité. Liste des PDRA et voie belge via la DGTA.

Dernière vérification : 5 min

L'essentiel

  • La SORA évalue deux risques : au sol (GRC, de 1 à 10 avant mitigation) et en l'air (ARC, de a à d). Leur combinaison donne le SAIL (I à VI), qui fixe la robustesse des objectifs de sécurité opérationnelle (OSO).
  • Un GRC final supérieur à 7 sort du champ de la SORA : l'exploitation relève de la catégorie Certified.
  • SORA 2.5 est l'AMC européen depuis la décision ED 2025/018/R de l'EASA, publiée le 29 septembre 2025.
  • Une PDRA est une évaluation déjà faite par l'EASA pour un scénario précis ; l'exploitant doit quand même obtenir l'autorisation de la DGTA.
  • PDRA existantes : S01, S02, G01, G02, G03. Le certificat STS reste la base de compétence du pilote.

La SORA repose sur quatre notions : un risque au sol, un risque aérien, un niveau d’assurance qui en découle, des objectifs de sécurité à démontrer. Ce guide les explique pas à pas, puis présente les PDRA et la démarche belge.

Ce que dit la loi

Sans scénario standard applicable, l’exploitant demande une autorisation d’exploitation à l’autorité de l’État d’enregistrement, sur la base d’une évaluation du risque (règlement 2019/947, UAS.SPEC.030 et art. 11). En Belgique, c’est la DGTA, via le Drone Portal. L’autorisation n’est pas transférable ; sa durée est fixée dans l’autorisation (la DGTA indique un nombre de vols et une durée illimités sauf restriction explicite). Elle ne dispense pas des conditions des géozones.

Deux outils d’évaluation existent :

  • la PDRA (Predefined Risk Assessment) : scénarios dont l’EASA a déjà fait l’évaluation, publiés comme AMC à l’article 11 ;
  • la SORA (Specific Operations Risk Assessment) : méthode générale, en 10 étapes selon la DGTA.

La SORA 2.5, version européenne de la SORA JARUS 2.5, est intégrée à l’AMC1 article 11 par la décision ED 2025/018/R de l’EASA du 29 septembre 2025. Elle vise des simplifications avec un niveau de sécurité élevé et une meilleure harmonisation.

La SORA en cinq blocs : décrire, évaluer le risque sol, évaluer le risque air, déterminer le SAIL, démontrer les OSO.

Le risque au sol : le GRC

Le GRC (Ground Risk Class) mesure le risque pour les personnes au sol si le drone tombe.

  1. L’iGRC, classe intrinsèque de 1 à 10, dépend de trois choses : la dimension caractéristique maximale du drone, sa vitesse maximale, et la densité de population dans le volume opérationnel et la zone tampon.
  2. Des mesures d’atténuation abaissent ce risque : stratégiques, appliquées avant le vol (M1), et réduisant les effets de l’impact (M2).
  3. Le GRC final résulte de ces mesures.

Un GRC final supérieur à 7 sort du champ de la SORA : l’exploitation relève de la catégorie Certified.

Le risque aérien : l’ARC

L’ARC (Air Risk Class) mesure le risque de rencontre avec un aéronef habité, de ARC-a (le plus faible) à ARC-d (le plus élevé).

  • L’ARC initial (iARC) dépend de l’espace aérien et de l’environnement.
  • ARC-a désigne un espace où le risque de collision est acceptable sans mitigation tactique : par exemple un espace aérien réservé ou une très basse hauteur près d’obstacles.
  • Des mitigations stratégiques (avant le vol : choisir l’heure, le lieu, la hauteur, tenir compte des géozones, se coordonner avec les services de la circulation aérienne) réduisent l’ARC. C’est l’étape 5 de la SORA.
  • Des mitigations tactiques (pendant le vol : observation visuelle en VLOS ou avec observateurs de l’espace aérien, systèmes de détection et d’évitement) répondent à une exigence de performance, le TMPR (Tactical Mitigation Performance Requirement).
Deux axes de risque : au sol (GRC) et en l'air (ARC).

Le SAIL et les OSO

Le SAIL (Specific Assurance and Integrity Level, de I à VI) combine le risque au sol et le risque air. Plus il est élevé, plus l’exploitant doit prouver que les OSO (Operational Safety Objectives, objectifs de sécurité opérationnelle) sont satisfaits avec une robustesse élevée. Un OSO couvre par exemple la compétence de l’exploitant (« s’assurer que l’exploitant est compétent et/ou éprouvé », l’OSO n° 1), les défaillances techniques, l’erreur humaine, les conditions d’exploitation défavorables.

Le manuel d’exploitation a un contenu proportionné au SAIL. L’étape 10 est le dossier de sécurité complet (CSP).

Cas particulier : une exploitation à SAIL 4 ou plus justifie souvent un LUC plutôt qu’une autorisation générique, parce que l’OSO n° 1 exige alors une robustesse élevée (voir Drone professionnel).

Les PDRA

Ces scénarios existent en deux familles : « S » (dérivées d’un STS) et « G » (génériques).

Description

PDRA-S01
Comme STS-01 sans exigence de classe C5 ; UA de 3 m et 25 kg au plus, VLOS, zone contrôlée possiblement en zone peuplée
PDRA-S02
Comme STS-02 sans classe C6 ; BVLOS, zone faiblement peuplée, 2 km avec observateurs, 1 km sans
PDRA-G01
BVLOS, zone faiblement peuplée, UA de 3 m au plus et énergie cinétique typique de 34 kJ au plus, espace non contrôlé à faible risque de rencontre
PDRA-G02
BVLOS, zone faiblement peuplée, dans un espace aérien réservé ou ségrégué
PDRA-G03
BVLOS, zone faiblement peuplée, à 50 m au plus du sol (sinon espace réservé ou ségrégué)

La PDRA ne dispense ni de la demande d’autorisation, ni du manuel d’exploitation. L’option AltMoC ne peut pas servir à une PDRA.

Autorisation générique ou précise

Une autorisation générique ne fixe aucun lieu précis : elle s’applique à tous les lieux qui respectent les conditions approuvées, et c’est l’exploitant qui vérifie chaque vol. Une autorisation précise est limitée à un nombre de vols ou à des lieux identifiés par leurs coordonnées. Règle empirique de l’EASA : une autorisation précise convient mieux quand l’iGRC est de 4 ou plus, ou l’iARC de ARC-c ou plus. Les PDRA de type S s’y prêtent bien, parce que leurs conditions ressemblent à celles d’un STS.

La démarche pas à pas

  1. Vérifier qu'aucun STS ne s'applique

  2. Chercher une PDRA

  3. Sinon, mener la SORA

  4. Constituer le dossier de sécurité

  5. Introduire la demande sur le Drone Portal

  6. Voler dans les conditions autorisées

Du risque au sol et du risque air au SAIL, puis aux OSO. Les valeurs de la matrice ne sont pas reproduites ici.

1 à 10

échelle de l'iGRC

7

GRC final maximal : au-delà, catégorie Certified

ARC-a à d

échelle du risque air

I à VI

niveaux de SAIL

Cas pratiques

  • Inspection d’une canalisation en BVLOS en zone rurale peu peuplée, hauteur de 50 m au plus : PDRA-G03 envisageable.
  • Opération dans un espace aérien réservé, loin des zones habitées : PDRA-G02, avec un ARC faible.
  • Vol en ville au-dessus de passants avec un drone sans classe C5 : PDRA-S01 si les conditions de la zone contrôlée sont remplies, sinon SORA.
  • Vols réguliers, SAIL élevé, société avec système de gestion de la sécurité : LUC.

Pièges et erreurs fréquentes

  • Confondre iGRC (avant mitigation) et GRC final (après).
  • Croire qu’un GRC supérieur à 7 se corrige par une meilleure SORA : il sort du champ de la SORA.
  • Penser qu’une PDRA dispense de l’autorisation de la DGTA.
  • Citer 24 OSO pour la SORA 2.5.
  • Oublier que l’autorisation d’exploitation ne vaut pas autorisation de géozone.
  • Confondre mitigations stratégiques (avant le vol) et tactiques (en vol).

Questions fréquentes

Quelle différence entre PDRA et SORA ?
Que veut dire SAIL ?
Combien d'OSO compte la SORA 2.5 ?
Une autorisation SORA est-elle valable pour toute la Belgique ?
Quand un LUC devient-il pertinent ?