Huit mois après la vague de survols de novembre 2025, la Défense belge dit que son plan anti-drones sera pleinement opérationnel d’ici la fin 2026. Un programme beaucoup plus vaste, d’environ 1,1 milliard d’euros, est en cours d’attribution. Un reportage critique conteste cependant l’urgence invoquée.
Les faits
Le plan d’urgence. En novembre 2025, le gouvernement a adopté un plan de 50 millions d’euros pour détecter, identifier et neutraliser des drones non autorisés. Defense News (12 décembre 2025) cite, entre autres, des radars Saab Giraffe 1X (9,2 millions d’euros) et des brouilleurs portatifs DroneShield (2,8 millions d’euros).
Où en est-on. La Libre (2 juillet 2026) rapporte les propos du général Frederik Vansina : le réseau de capteurs est déployé sur les sites de la Défense et s’intègre à d’autres réseaux, par exemple celui de skeyes. La détection par radiofréquence devrait identifier « 90 à 95 % » des drones, les radars Giraffe couvrant les autres cas. Le plein fonctionnement est annoncé pour le second semestre 2026. Le communiqué de la Défense du 16 avril 2026 mentionne huit sites d’infrastructure militaire appelés à recevoir des capteurs intégrés et une échéance de juin 2026 pour les mesures à court terme.
Le programme long terme. Le gouvernement a approuvé un projet d’environ 1,1 milliard d’euros (RTBF, 10 mars 2026), étalé sur 12 ans selon la RTBF, 10 ans selon Forces Operations Blog. Les deux sources divergent aussi sur le calendrier d’attribution : la RTBF évoque un appel à propositions début 2027, tandis que Forces Operations vise une attribution fin 2026.
La controverse. Le 13 avril 2026, l’émission Pano (VRT) affirmait ne pas trouver de preuve de drones hostiles en Belgique, relevait que 26 enquêtes portant sur une quarantaine d’incidents restaient ouvertes, et critiquait la procédure d’achat d’urgence. La Défense a répondu le 16 avril qu’elle avait respecté la loi sur les marchés de défense de 2011 (art. 25, procédure d’urgence).
Ce que ça change pour vous
Pas de règle nouvelle pour les pilotes. En pratique, davantage de capteurs sur les bases, les aérodromes et les ports signifie qu’un vol près de ces sites sera plus facilement détecté. Les restrictions existantes (géozones, zones temporaires) restent la référence : consultez Droneguide avant de voler. Des brouilleurs et des systèmes de neutralisation sont désormais disponibles dans le pays.
Ce qui n’est pas encore décidé
- L’attribution du marché de 1,1 milliard d’euros et sa durée (10 ou 12 ans selon les sources).
- Le cadre légal de la neutralisation de drones par les forces armées : des déclarations ministérielles de novembre 2025 évoquaient des dispositions juridiques, mais nous n’avons pas trouvé de texte adopté.
- L’origine des survols : les autorités ont évoqué un acteur étatique (Russie), tandis que Pano ne trouve pas de preuve. Cet article ne tranche pas.
Voir aussi : voler près d’un aéroport, géozones, sanctions.